Société entomologique de France

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32 espèces nouvelles pour la science

Trente-deux espèces d’Insectes Coléoptères nouvelles pour la science

 

Cephennium (Geodytes) bonadonai n. sp. (cliché Philippe Ponel)

Trente-deux espèces d’insectes coléoptères nouvelles pour la science sont décrites dans le dernier numéro du Bulletin de la Société Entomologique de France. Et bien non, il n’a pas fallu aller au fond ces forêts inextricables des tropiques ou engager une mission lointaine complexe pour découvrir toutes ces espèces inédites. Elles sont toutes françaises et ont été découvertes en Provence. C’est le travail patient et minutieux de l’entomologiste passionné Jean Orousset, amateur spécialiste des micro-coléoptères du sol, qui a permis de révéler cette incroyable richesse dans une région tant visitée, travail publié ce 16 décembre. Ces insectes nouveaux pour la science appartiennent à un genre regroupant des coléoptères de petite taille vivant dans le sol. Rappelons que l’ordre des coléoptères est le plus riche en espèces du monde vivant, et aussi celui qui attire le plus l’attention des entomologistes amateurs et qu’on pourrait penser que c’est le mieux connu en France métropolitaine.

Une grande partie de ces insectes collectés depuis de fort nombreuses années, du tout début du XX° siècle à nos jours, par des collègues qui ont patiemment arpenté les terrains provençaux, avaient été réunis par Claude Bésuchet du Muséum d’Histoire Naturelle de Genève, en Suisse. C’est en révisant ce matériel complété par des récoltes plus récentes que Jean Orousset a pu décrire cet impressionnant ensemble d’espèces nouvelles pour la science. L’auteur complète son analyse morphologique et taxonomique remarquable par des réflexions sur le pourquoi de cette grande diversité en Provence à travers une analyse biogéographique, mais aussi sur les risques encourus par cette faune du sol, invisible car le plus souvent minuscule, mais pourtant essentielle à la bonne santé de nos écosystèmes. Certaines des espèces décrites dans ce travail pourraient en effet avoir été irrémédiablement détruites par des aménagements humains peu soucieux de la conservation de l’environnement. Ce gain important dans la meilleure connaissance de la biodiversité de la France métropolitaine ne doit pas en effet masquer cette réalité de la disparition des espèces, en l’occurrence avant même leur description.

Les collections patrimoniales d’insectes et le travail des entomologistes amateurs sont des éléments précieux qui nous apportent tant de connaissances et d’observations essentielles pour mieux comprendre les insectes mais aussi les protéger des atteintes que lui porte le développement non raisonné de nos activités.

 

Updated: 18 décembre 2019 — 23h32
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